Metteur en scène, comédien, marionnettiste…

Metteur en scène, comédien, marionnettiste, sculpteur, scénographe et écrivain, Michel Broquin fonde la Compagnie Créature avec Odile Brisset en 1990. Il a su mêler les arts plastiques aux arts de la scène et insuffler à ses spectacles, traitants des drames humains, questionnements, réflexions et un humour souvent dérangeant. Ses marionnettes et ses masques, grotesques, tragiques ou d’une candeur d’enfance brouillent les genres, les frontières et les rôles rendant improbable les certitudes les mieux établies en trouvant toujours d’étranges cheminements vers le sensible, la satire et la poésie. Sa recherche sur le jeu conjoint du comédien-manipulateur et de la marionnette ou de l’objet et son intérêt pour la transmission et la pédagogie l’ont amené à diriger, pendant une trentaine d’années, des formations nationales et internationales.

Tout objet, quel qu’il soit, accessoire simple ou complexe ( masque/marionnette ) est sur scène porteur de sens. Ainsi que le dit Claire Heggen : « Ce n’est plus un objet qu’on manipule, c’est une mémoire, une pensée, une sensibilité… » et donc une parole poétique. Le choix doit se faire entre conserver l’identité usuelle de l’objet et le proposer comme « provocateur/réflecteur » du jeu du manipulacteur ou le sublimer en détournant sa fonction initiale pour la transposer dans celle de partenaire. Dans les deux cas il s’agit d’affirmer le geste technique comme acte créatif par une prise de conscience du corps, de ses appuis, de sa tonicité…etc, afin de projeter dans l’objet une matière pour qu’il incarne un personnage ou au contraire pour le conforter dans son univers inanimé comme prétexte au jeu du manipulacteur.